Soins de gencives:

gingivite et parodontite

 

Les deux principales affections touchant les gencives sont la gingivite et la parodontite.



Gingivite


La gingivite est une inflammation des gencives qui guérit sans séquelle. Elle est souvent due à une hygiène buccale insuffisante mais elle peut aussi être favorisée ou causée par d’autres facteurs. Pour plus d’information voir Comment combattre l’inflammation des gencives? Une gingivite non soignée évolue souvent en parodontite.



Parodontite


La parodontite touche entre 10 et 20% de la population. Causée par des bactéries, elle abouti à la destruction de l’os qui soutient les racines des dents. Elle est accompagnée par la formation de poches parodontales avec parfois un retrait des gencives. Elle est souvent indolore et conduit à la mobilité puis à la perte des dents. Elle est souvent associée à une mauvaise haleine (halitose) persistante.



Causes de la parodontite


La parodontite est causée par des bactéries spécifiques qui se développent dans les poches parodontales et qui causent la destruction progressive des tissus entourant la dent. Ces micro-organismes pathogènes peuvent être mis en évidence par des tests microbiologiques pratiqués au cabinet dentaires.


Les agents pathogènes les plus virulents sont Actinobacillus actinomycetemcomitans, Tannerella forsythia (ex Bacteroides forsythus), Porphyromonas gingivalis et Treponema denticola. Nous utilisons parfois le test IAI Pado Test 4.5 pour identifier les bactéries en cause et orienter le traitement.



Diagnostic de la parodontite


La parodontite est souvent indolore. C’est pourquoi l’hygiéniste et le dentiste doivent examiner la gencive avec attention et rechercher la présence éventuelle de poches parodontales.


En effet, la parodontite détectée précocement a de bonnes chances de guérir en appliquant un traitement simple alors qu’une parodontite avancée (poches profondes, dents mobiles) demande un traitement plus long, plus incertain et plus coûteux.



Facteurs favorisants


Tous les patients n’ont pas le même risque de développer une parodontite. Les principaux facteurs de risques sont:


1) Hygiène bucco-dentaire (fréquence et qualité des soins personnels et du détartrage professionnel)


2) Tabagisme (les fumeurs ont entre 4 et 7 fois plus de risque de développer une parodontite)


3) Maladies systémiques (par exemple, le diabète mal contrôlé prédispose à la parodontite)


4) Stress (il prédispose à la forme la plus aiguë de la maladie: la parodontite nécrosante aiguë)


5) Susceptibilité génétique (si un ou plusieurs membres de votre famille ont été atteints par la parodontite, il faut redoubler de vigilance).



Traitement


Le traitement de la parodontite comprend, dans une première phase, une tentative de contrôle des facteurs favorisants (hygiène buccale insuffisante, tabac, stress) et une correction des obturations débordantes qui provoquent une inflammation de la gencive. Les contacts insuffisamment forts entre dents voisines seront renforcés s’ils provoquent une inflammation des gencives due aux tassements alimentaires à répétition.  


L’examen parodontal permet d’identifier et de consigner sur la “fiche de poches” la localisation et la profondeur des poches parodontales. Si une profondeur de sondage de 1 à 3 mm est normale, une mesure de 4-5 mm correspond à une poche parodontale débutante. Un status radiologique est effectué. Il permet de visualiser le niveau osseux et de documenter la situation de départ.















                                    Fig. 1                        Fig. 2                        Fig. 3                       Fig. 4                       Fig. 5



  1. 1)Gencive saine

  2. 2)Gingivite (réversible, pas de perte osseuse)

  3. 3)Parodontite débutante (profondeur de sondage de 4-5 mm)

  4. 4)Parodontite modérée (profondeur de sondage de 6 mm)

  5. 5)Parodontite sévère (profondeur de sondage 8 mm)



La désinfection des poches parodontales est appelée surfaçage radiculaire (ou curetage). Il s’agit d’éliminer sous anesthésie le biofilm bactérien ainsi que le tartre fixé sur la racine et de désinfecter les poches en profondeur grâce à une solution antiseptique.


Le surfaçage radiculaire s’effectue souvent en deux séances à une semaine d’intervalle. Chaque séance de surfaçage est suivie d’une semaine de désinfection buccale, 3 fois par jour durant 1 minutes après le brossage des dents avec une solution de chlorhexidine (Plak-Out® 0,1% Solution).


Après le traitement le patient est vu tous les 1 ou 2 mois afin de contrôler la bonne guérison. La situation est généralement réévaluée 6 mois plus tard. Les profondeurs de poches sont à nouveaux mesurées et comparées avec les valeurs de départ.


Cette première phase de traitement donne généralement de bons résultats pour autant que le patient parvienne à maintenir une hygiène buccale irréprochable afin d’éviter une recontamination des poches parodontales. Il s’agit de brosser les dents mais aussi de nettoyer entre les dents avec des brossettes adaptées ou des bâtonnets interdentaires. A ce sujet, voir L’élimination de la plaque dentaire


La guérison des poches profondes implique souvent le recours à la chirurgie parodontale (résection, greffe osseuse ou gingivale). Voir Implantologie et chirurgie buccale.


Si les dents se sont déplacées à cause de la perte osseuse progressive provoquée par la parotontite, un repositionnement des dents est possible en fin de traitement. Un traitement orthodontique est possible dès la guérison des poches parodontales. Nous utilisons la technique Invisalign® qui permet un alignement en douceur des dents, sans bague métallique.



Conséquences du traitement


Lors de la guérison complète ou partielle des poches, l’os perdu ne se reforme généralement pas mais il se produit un retrait gingival qui peut atteindre plusieurs millimètres. Sans greffe osseuse ou gingivale, une partie de la racine peut être visible et la dent paraît plus longue. Cet exposition des collets peut donner lieu à une hypersensibilité (le plus souvent réversible) au froid.



Conséquence d’une parodontite non traitée


  1. La parodontite non traitée conduit à une perte de l’os qui soutient la dent. Les dents deviennent de plus en plus mobiles et souvent causent des infections douloureuses (abcès parodontaux).


  2. Les patients atteints de parodontite présentent souvent une mauvaise haleine (halitose) persistante qui peut créer une gêne importante dans les rapports sociaux. Voir Traitement de la mauvaise haleine.


  1. La parodontite non traitée est un foyer infectieux chronique qui a des répercussions sur l’organisme entier:


1) Maladies cardiovasculaires: les patients atteint de parodontite ont plus de risque de souffrir d’angine de poitrine, d’infarcus ou d’endocardite. Voir étude.


2) Problèmes liés à la grossesse: le risque est plus élevé de donner naissance à un prématuré ou à un bébé de faible poids. On constate une mortalité plus élevée du nourrisson. Voir étude.


3) Le risque d’attaque cérébrale est plus important. Voir étude.


4) Chez le diabétique, la parodontite non traitée rend le contrôle de la glycémie plus difficile. Voir étude.